Quand l’Extrême droite frappe à la porte…

Article paru dans l’Épisode cévenol numéro 19.

Comme lors de chaque période de crise où d’incertitude politique, les propos haineux et discriminants, propres aux courants identitaires et d’extrême droite, ressurgissent opportunément. Les Cévennes, comme le reste du territoire, ne sont malheureusement pas épargnées.

Samedi 20 mars, la librairie La Plume Noire à Lyon a été la cible en plein après-midi d’une attaque par une quarantaine de militants d’extrême droite qui ont brisé les vitrines et tenté de s’introduire dans les locaux. Ce lieu est non seulement un local anarchiste mais il accueille aussi des personnes qui agissent pour l’entraide des plus démunis, qui se battent pour l’écologie sociale : c’est donc une agression directe de personnes investies au service de la population, pour son émancipation.

Jeudi 25 mars, en pleine réunion du conseil régional d’Occitanie, un groupe d’Action Française a tenté de déployer une banderole ciblant « l’islamo-gauchisme », faisant ainsi écho aux propos de la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche (celle qui voulait mandater une étude par le CNRS sur la présumée infestation des universités par cette pseudo alliance).

Enhardis par des opérations de « contrôle des frontières » dans les Alpes et en Méditerranée réalisées avec la neutralité bienveillante des États, ces serviteurs du Pouvoir ne se contentent plus de menacer de jeunes squatteurs à l’Hôtel des Cévennes ou d’agresser des personnes présumées étrangères à Sumène dans le Gard…

Le combat contre l’extrême-droite est nécessaire, mais ce serait une erreur de penser le gagner en allant sur leur terrain, celui de la violence, du rejet et de l’intolérance. Nous ne le gagnerons pas tout seuls non plus, mais avec le positionnement et la participation du plus grand nombre, y compris au travers des représentations publiques (qui sont actuellement si discrètes voir complaisantes envers ces auxiliaires des « forces de l’ordre »).

Lors de sa réunion mensuelle, l’intercollectif Cévennes Méditerranée (regroupant des associations d’accompagnement de personnes migrantes) a dénoncé tous ces actes inacceptables et s’engage à agir auprès des communes et collectivités territoriales pour les inviter à signer la charte de l’Association Nationale des Villes et Territoires Accueillants (ANVITA https://villes-territoires-accueillants.fr/) qui se positionne en faveur d’un accueil digne et inconditionnel des migrants. Une position exemplaire, qui permet à la population de s’ancrer dans la bienveillance et ne pas laisser de place aux propos haineux et discriminatoires, que ce soit pour les personnes étrangères, différentes ou pauvres.

A chacun donc de se prononcer !

[R.]

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Épisode cévenol n°19

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Défendre sa liberté à peu de frais…

Article paru dans l’Épisode cévenol numéro 18.

Certaines croyances sont parfois bien ancrées dans les mémoires. C’est le cas de celles s’appuyant sur la notion de « lutte pour la vie » et affirmant que l’humanité, livrée à elle-même, sans ordre social coercitif pour la contrôler, serait condamnée à disparaître car victime d’une guerre de tous contre tous, aboutissant à l’anéantissement des moins aptes. Défendues farouchement par Hobbes et d’autres adeptes du darwinisme social aux siècles derniers, ces théories pourtant amplement contestables trouvent un écho certain à travers la gestion de la crise sanitaire que nous connaissons actuellement et reflètent une vision de la société des plus pessimiste.

Dès le début de la lutte contre la pandémie, c’est bel et bien un autoritarisme effréné qui caractérise les mesures mises en place au sommet de l’État. De l’utilisation d’un langage martial à l’application de lois d’exception, de la surveillance des faits et gestes de chacun au matraquage policier punissant tout contrevenant, ce n’est pas au virus que la guerre a été livrée, mais bien à la population… À cela se rajoute un processus pleinement anti-démocratique promulgué par l’état d’urgence sanitaire légitimant des prises de décisions unilatérales sans concertation. La capacité de la société à se prendre en charge et à apporter des solutions à la crise est donc constamment niée au profit d’une politique tant déresponsabilisante que répressive.

Ainsi, il n’est pas surprenant que cette déferlante de mesures souvent confuses, inefficaces, contradictoires et privatrices de liberté entraînent une lassitude et une incompréhension grandissante, laissant parfois la place à un scepticisme pouvant aller jusqu’à des positionnements éthiques difficilement justifiables. Un renversement des causalités peut dans ces conditions insidieusement s’opérer, et les catégories de personnes dites à risques peuvent se voir endosser la responsabilité de la situation car se serait pour protéger ces dernières que la privation de libertés de chacun aurait lieu. Du laïus signifiant qu’« il faut bien mourir un jour » aux propositions de placer en confinement « les personnes âgées », c’est donc bien la part de la population la plus vulnérable qui serait mise au ban de la société au profit de celle qui s’estimerait en droit de jouir pleinement d’une vie sans entrave.

Deux visions faussement opposées semblent alors se faire face dans une dualité stérile. D’un côté, celle d’une société devant être menée à la baguette pour assurer le maintien d’intérêts plus économiques que sanitaires, de l’autre, une opposition aux mesures restrictives prônant le laisser faire pour défendre des libertés plus individualistes que collectives. Ces deux positions, si elles ne doivent évidement pas occulter l’ensemble des positionnements plus nuancés sur le sujet, sont pourtant révélatrices d’un état d’esprit commun se rejoignant dans une acceptation très libérale du vivre ensemble. Et si celle-ci, dans sa parfaite adéquation avec un système basé sur l’exploitation des plus faibles, n’étonnera que peu de monde venant de la bouche d’un dirigeant politique, elle mériterait pourtant de plus amples éclaircissements intellectuels venant de la part de certains défenseurs auto-proclamés des libertés…

Un an après le début de la crise sanitaire, il importe de sortir de l’impasse du « vivre avec » dans laquelle les politiques actuelles semblent se conforter et où se profile un avenir peu engageant comprenant à la fois restrictions et épidémie. Une sortie de crise par le haut ne se fera ni sans une sérieuse remise en cause du capitalisme autoritaire, ni sans la prise en compte de l’intégrité de tous. D’autres crises auront vraisemblablement lieu dans un avenir proche, et au-delà des considérations conjoncturelles du moment, c’est bien un modèle de société égalitaire qui est à définir. Pour contrer les pernicieuses idées ayant servi de caution idéologique au libéralisme à son époque, Kropotkine défendait le principe que ce n’est pas la compétition mais l’entraide qui constitue la norme de l’organisation sociale et que par conséquent les réseaux de collaboration et de coopération avantageux pour tous ont été une caractéristique constante des sociétés humaines. Espérons que la résonance portée encore aujourd’hui par ses études dans de nombreuses luttes trouve enfin le retentissement nécessaire.

[Grenouille]

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Quelques nouvelles du monde obscur

Article paru dans l’Épisode cévenol numéro 18.

Tout ce qui va suivre, je l’ai vu passer sur les réseaux sociaux depuis plus d’un an, et ça continue chaque jour. C’est l’idiotie en ligne. Pas même de la désinformation, mais l’expression de la bêtise la plus crasse. Si je voulais être vulgaire, je dirais que c’est de l’information à chier, je les appelle les faits caca news.

Donc, si j’ai bien compris, nous sommes des milliards sur une terre qui est plate, à contempler la lune sur laquelle personne n’a jamais mis le pied, et qui en plus est creuse. (Mais si elle est creuse, c’est que c’est une sphère, une boule, non? Alors la terre est raplaplatte, mais pas la lune? Faudra m’expliquer, je suis un peu bête). Et le soleil? Disque plat lui aussi ?

Le réchauffement climatique n’existe pas non plus. C’est une invention des démocrates pédophiles américains, et des écologistes, pédophiles également. Et si les glaciers fondent, c’est parce que nous sommes trop nombreux à piétiner dessus.

Trump est charismatique. Hitler était un brave homme. Les chambres à gaz n’ont jamais existé. Le glyphosate n’est pas dangereux. Les néocotinoïdes tueurs d’abeilles non plus.

Le Covid 19 (il faut dire ‘la’ Covid, mais pour moi cette saleté de virus ne peut être que masculin. En outre, on se met à parler de “Covid long”, bon sang que c’est embrouillé!) le Covid 19, donc, a été fabriqué par les complexes agro-militaro-industriels, avec l’appui de nos gouvernements pour éliminer les pauvres. (Ces salauds de pauvres qui coûtent un pognon de dingue, alors qu’il suffit de traverser la rue pour trouver du travail, lequel sera donc désormais réservé aux riches, qui pourront enfin en découvrir toutes les joies).

Le virus n’est rien qu’une grippette.

Le vaccin est mortel. Le vaccin est plein de nano-particules qui seront activées par la 5G et feront de nous des zombis. Il n’y a pas du tout 90.000 morts en France dus à l’épidémie, à peine le tiers, c’est juste pour nous faire peur et nous rendre obéissants.

Tous les médias sont des menteurs, surtout la presse, la télévision, la radio, enfin tous, quoi, il n’y a que Facebook , Twitter et Instagram qui disent la vérité.

Le masque ne sert à rien. (D’ailleurs j’ai jeté le mien dans la rue pour qu’il aille polluer les océans, je suis quand même libre d’envoyer mes postillons sur qui je veux, non?)

La France n’a apporté que le bonheur, l’amour, la paix, et la civilisation dans ses anciennes colonies, alors en effet pourquoi devrions-nous aujourd’hui demander pardon, présenter des excuses?

Dans vingt ans, tous les postes clé seront occupés par des musulmans, l’arabe sera la langue officielle, et les Françaises devront porter le voile.

La théorie de l’évolution n’a été imaginée que pour nuire à la religion chrétienne. Darwin aurait du être brûlé en place publique. La terre et l’Homme tels qu’ils sont ont été créés par Dieu il y a 4000 ans. Les civilisations antérieures, les peintures rupestre de Lascaux, Cosquer, Altamira, et autres grottes, soit disant vieilles de dizaines de milliers d’années, ne sont que le fruit de datations fautives ou d’esprits malveillants.

Je ne me plains pas, je constate, je m’amuse, j’essaie de réfléchir. Un ami à qui je confiais mon désarroi de voir nos sociétés devenir de plus en plus démentes, m’a dit l’autre jour que j’étais complètement parano. Complètement? Ah, non! A demi seulement, parce que je pense qu’il n’y a que la moitié de la planète à mes trousses.

Qui serais je, d’ailleurs, pour me plaindre de tant de folies? Après tout, il y a des millions de gens qui croient qu’il y a 2000 ans un mec nommé Jésus a marché sur la mer, a ressuscité des morts, a changé l’eau en vin, rendu la vue aux aveugles, et fait marcher les paralytiques. Il a mal fini, cloué sur une croix, et depuis ces millions adorent un instrument de torture. Encore un effort, braves gens, et bientôt on se prosternera devant la guillotine.

En attendant, et comme toujours, que la beauté vous accompagne car notre terre, plate ou pas, est magnifique, c’est notre seule maison, habitons la gaiement sans nous mordre comme des chiens en rage d’avoir perdu leur boussole.

[Bernard Blangenois]

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La « loi sur le séparatisme », une épée de Damoclès

Article paru dans l’Épisode cévenol numéro 18.

Le projet de loi dit « sur le séparatisme » rebaptisée « loi confortant le respect des principes de la République » a été adopté au Parlement le 16 février et doit encore passer par le Sénat. Beaucoup ont pensé qu’elle ne concernait que les associations cultuelles et en particulier celles de culte musulman (voir Episode cévenol 16). Il est vrai que ce texte cible en premier lieu les Musulmans de plus en plus ouvertement stigmatisés et soupçonnés de proximité avec des idées radicales flirtant avec le terrorisme. Mais détrompons nous, cette loi représente une véritable menace pour toutes les associations qu’elles soient humanitaires, environnementales, sportives, culturelles ou de solidarité internationale.

Stéphanie Hennette-Vauchez, professeure de droit, précise que « c’est une loi qui, on l’a bien compris, vise des catégories très particulières de la société civile, “l’islam radical” en particulier,. Mais elle n’est pas taillée sur mesure, bien au contraire car la loi doit s’attacher à être générale et impersonnelle. Elle pose donc de graves problèmes pour tous. » D’ailleurs le Conseil d’État a alerté très rapidement que : «les mesures du projet de loi concernent pratiquement tous les droits et libertés publiques» !

Concrètement, il est notamment prévu que « toute association ou fondation qui sollicite l’octroi d’une subvention au sens de l’article 9-1 auprès d’une autorité administrative ou d’un organisme chargé de la gestion d’un service public industriel et commercial s’engage, par un contrat d’engagement républicain, à respecter les principes de liberté, d’égalité, de fraternité et de respect de la dignité de la personne humaine ainsi qu’à respecter l’ordre public, les exigences minimales de la vie en société et les symboles fondamentaux de la République. » Les associations seront soumises à un contrôle plus strict et des sanctions pourront gravement entraver leurs actions. Dorénavant, les dissolutions seront ordonnées par l’administration et non plus uniquement sur décision de justice. Le cas du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) dissous par le ministère de l’Intérieur est parlant.

Comme le constate et le Conseil d’État et la Défenseure des droits, le « contrat d’engagement républicain » comporte des « notions sujettes à interprétations antagonistes » et des « incertitudes » qui ouvrent la porte à l’arbitraire. La notion de « sauvegarde de l’ordre public » à laquelle doivent souscrire les associations, est particulièrement contestée et suscite de nombreuses interrogations. D’autant plus qu’une des conditions qui peut mener à leur dissolution est élargie aux « agissements violents contre les personnes et les biens », ouvrant là un vaste champ d’interprétations.

Face à une précarité grandissante, un mécontentement et malaise généralisés et l’amplification de la répression, les associations et collectifs n’ont souvent d’autres moyens pour protester et se faire entendre que la désobéissance civile qui par définition enfreint à « l’ordre public ». Les tribunaux ont d’ailleurs par le passé souvent reconnu le bien-fondé de certaines de ces actions militantes, comme dans le cas des décrocheurs de portraits d’Emmanuel Macron, finalement relaxés.

Est-ce passible de sanctions et même d’une dissolution si l’association engagée dans le droit au logement force la porte d’entrée d’un bâtiment vide pour y loger des sans-abris ? Ou si un collectif occupe une place au centre ville pour pousser les autorités à respecter la loi qui les contraint à héberger des réfugiés mineurs non accompagnés ? Une association engagée dans la protection environnementale ou animale doit-elle craindre de ne plus obtenir de subventions si une de ses actions est qualifiée par le ministre de l’intérieur comme un trouble à l’ordre public ?

Une autre disposition de la loi aux conséquences inquiétantes prévoit que les agissements de membres d’une association peuvent être imputés à celle-ci. Cette forme de punition collective peut aller jusqu’à sa dissolution administrative comme dans le cas de Baraka City, une association caritative. D’aucuns craignent que dorénavant les associations peinent à trouver des responsables si ces derniers doivent endosser la responsabilité de propos haineux, ou considérés comme tels, prononcés par leurs membres sur les réseaux sociaux par exemple.

On le voit bien, si la motivation première de cette loi est de mettre au pas des associations cultuelles et culturelles musulmanes, ces dispositions peuvent à tout moment être appliquées à toutes les formations. Penser aujourd’hui que ne sont touchées que les autres peut s’avérer bientôt comme un immense leurre.

[Tissa]

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Épisode cévenol n°18

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Les gens meurent, les « marchés » jubilent

L’année 2020 n’a pas été un cauchemar pour tout le monde. Loin de là ! Et il ne faut pas beaucoup de mots pour le comprendre.

La pandémie met à genou des pans entiers des économies mondiales, des dizaines de millions d’emplois ont disparu ou sont menacés d’être détruits. Partout, et pas seulement dans le Sud, des millions de personnes sont propulsées dans la pauvreté, beaucoup subissent déjà la famine. L’avenir de milliards d’hommes, de femmes et d’enfants est hypothéqué pour que quelques oligarques de la finance continuent de faire la fête.

Et ils ont toutes les raisons de se réjouir. Au plus fort de la crise, les banques centrales de nombreux pays sont intervenues et ont injecté plus de dix mille milliards de dollars dans le système financier, non pas pour sauver en priorité l’économie réelle, mais pour éponger des dettes de certaines entreprises, satisfaire leurs actionnaires, renflouer les banques. Le « plan de relance » européen à hauteur de 750 milliards d’Euros n’est surtout pas destiné à financer les hausses de salaires des personnels de santé ou le chômage partiel. On parle de numérisation, digitalisation, réduction des émissions de gaz à effet de serre, etc. Il faut entendre casse sociale et développement du nucléaire. Les bourses jubilent.

Pendant ce temps, les hôpitaux agonisent et avec eux les patients. Pas assez de personnel soignant, ni de matériel, pas suffisamment de lits de réanimation, de lits tout court. On n’en parle pas ouvertement mais bien sur qu’il y a eu triage des patients atteints du Covid en amont. Lors de la première vague, le Samu a procédé à un tri qui ne s’est pas fait exclusivement en fonction de l’age, tandis que les malades des Ehpads n’ont pas été hospitalisés quelque soit leur état de santé initial. Pourtant, mourir du Covid ne devrait pas être une fatalité. Ces morts sont la conséquence de manques de moyens financiers et humains, donc également financiers.

[Tissa]

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Compteurs Linky, on en reparle !!!!

Goliath Enedis a pris du plomb dans l’aile, le 17 novembre dernier au Tribunal de Grande Instance de Bordeaux, et ce jugement nous conforte dans notre refus du compteur dit “intelligent”. Le tribunal mentionne : “on ne saurait suivre la Société Enedis lorsqu’elle affirme l’existence d’une obligation légale pour le consommateur d’accepter la pose du compteur Linky. En effet, les textes visés par Enedis, à savoir une directive européenne, une loi et un décret, n’imposent en rien une telle obligation”. Voilà qui est clair. De plus, ce même jour, le T.G.I. a fait injonction à Enedis de procéder à la pose de dispositifs filtrants à 13 plaignants reconnus électro-sensibles, injonction assortie d’amende en cas de retard.

ENEDIS, responsable de l’installation des compteurs Linky, reconnaît enfin que le compteur peut causer des problèmes de surchauffe et donc d’incendie potentiel.

Lors de son installation des précautions doivent être prises selon un cahier des charges précis non respecté ou non connu par les sous-traitants d’ENEDIS.

“En faisant installer au pas de charge les compteurs Linky pour rentabiliser les 5 milliards d’euros investis dans l’installation nationale, la filiale réseau d’EDF n’a pas toujours tenu compte des normes de sécurité et des voix discordantes dénonçant des risques d’incendie.” Cette citation de Clément Fayol vient de son article dans Médiapart : “Compteurs Linky : Les inflammables omissions d’Enedis”.

Face aux réponses insuffisantes de sa hiérarchie un technicien a alerté le parquet de Caen et une enquête préliminaire pour “Mise en danger d’autrui” a été ouverte.

Hasard du calendrier, le 1er janvier un habitant de Corbeil-Essonnes a vu son logement entièrement ravagé par les flammes. L’incendie est parti de son compteur Linky. L’habitant a décidé de porter plainte contre Enedis. Une expertise est en cours.

[Collectif Stop Linky Saint Jean Du Gard]

Contact : stoplinky-st-jean-du-gard@laposte.net

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Aux mêmes maux, les mêmes remèdes ?

Se pencher sur des projets de développement territorial n’est jamais chose évidente. Au premier abord, les dossiers de présentation les mettant en valeur sont toujours très soignés et prometteurs, mais une fois passé le cap de la première lecture, et une fois les artifices du langage institutionnel mis à nu, on se demande souvent si leurs contenus exhaussent vraiment les espoirs suscités… Ainsi, lorsque que le Maire de la commune de Saint Jean du Gard informe ses administrés dans un entretien accordé au Midi Libre le 26 décembre dernier que le village allait adhérer au programme “Petites villes de demain”, nous avons eu envie d’en savoir un peu plus et de défaire les rubans de cet intrigant présent tombant à point nommé.

Le programme « Petites villes de demain » est piloté par l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires (ANCT), une instance gouvernementale récemment créée en janvier 2020. Il vise à donner « aux élus des villes et leurs intercommunalités de moins de 20 000 habitants exerçant des fonctions de centralités et présentant des signes de fragilité les moyens de concrétiser leurs projets de revitalisation ». Il ambitionne de répondre à l’émergence des nouvelles problématiques sociales et économiques, et de participer à l’atteinte d’objectifs larges et variés de transition écologique, démographique, numérique et de développement. Selon Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, ce programme « cousu-main » s’appuierait sur deux piliers : « la transition écologique et la résilience ». En tout, 1 000 communes sont sur le point d’être sélectionnées par les préfets de département et seront accompagnées sur un programme national d’une durée de six ans.

Il semble important, dans un premier temps, de comprendre de quelle manière ce type de projet s’inscrit dans le cadre des politiques d’aménagement du territoire menées ces dernières décennies afin de mieux en saisir les enjeux. La notion de centralité, qui va permettre de définir les communes bénéficiaires de ce programme, est un concept qualifiant la capacité d’action d’un élément sur sa périphérie1. Il s’agit dans le cas présent de s’intéresser aux petites communes situées en zone rurale ou péri-urbaine, et caractérisées par la concentration et le caractère structurant des commerces, services et équipements fréquentés par leur population, mais également par les habitants des communes voisines qui ne possèdent pas d’équipements de proximité sur place. Seront donc pris en considération les ressources propres à la commune, mais également l’aire d’influence et l’attractivité de ses fonctions économiques exercées sur celles avoisinantes.

Se dresse alors le constat que ces petites centralités doivent faire face à de nombreuses difficultés liées à une perte de croissance démographique et économique. En effet, de profondes mutations de la société ont entraîné une dévitalisation de ces territoires dont les causes sont aussi larges que variées : fermeture des bassins miniers et industriels entraînant un départ des populations, développement des zones périurbaines captant les classes moyennes, les commerces et les entreprises au détriment des centre-villes, aménagement de zones touristiques attirant les résidences secondaires… Mais ce sont aussi l’hyper-mobilité, la déconnexion entre lieux de vie et de travail, ainsi que l’évolution des modes de vie et de consommation (société des loisirs, individualisation des pratiques, etc.) qui ont favorisé l’émergence de polarités telles que les centres commerciaux, les gares les voies urbaines, et qui, en exerçant un effet d’entraînement sur d’autres activités, remettent en question la centralité exercée par un centre-ville historique sur sa périphérie.

Le soutien à la revitalisation des centres villes constituerait alors une des priorités du ministère de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales. Cet intérêt pour la question n’est pourtant pas nouveau, car depuis près de 50 ans, les pouvoirs publics s’attachent précisément à cet objectif On pourra citer notamment la politique des contrats de pays mis en place 1975 par l’État afin d’enrayer le dépérissement de certaines zones rurales et de répondre aux besoins de proximité immédiate, les lois Pasqua (1995) et Voynet (1999) qui à l’échelle des bassins de vie ou d’emploi proposaient des cadres de coopération entre acteurs publics et privés, leur permettant d’élaborer des projets locaux de développement, ou plus récemment en 2014 le programme national pour la revitalisation des centres-bourgs dont l’objectif global est de conforter un maillage équilibré du territoire par la présence de centres-villes vivants et animés.

Mais c’est dans le rapport de la « Mission prospective sur la revitalisation des centres-villes » figurant en référence du programme « Petites villes de demain » que nous percevons l’esprit général semblant guider les orientations du projet. Rédigé en 2018, celui-ci dresse le constat que les politiques en faveur des centres-villes ne peuvent se contenter d’aborder comme auparavant la question sous les seuls angles du commerce ou de l’habitat. C’est la « cohérence d’un projet à 360° mixant commerces, services, habitat, déplacements qui sera de nature à créer l’attractivité commerciale de demain. » Le rapport insiste sur la nécessité de volontés politiques fortes, au niveau national afin de donner « la priorité aux mesures concrètes permettant de rétablir l’attractivité », et au niveau local, « en intégrant pleinement le centre-ville comme espace de projet et d’implantation des commerces mais aussi des services non-marchands dont les services publics. »

Il est intéressant de noter à ce niveau que les principaux missionnaires de ce rapport, qui apportent donc leur expertise et leurs recommandations pour la définition des axes des politiques publiques en matière d’aménagement du territoire, occupent, dans la majorité des cas, des fonctions de direction dans des organismes promouvant le commerce et la grande distribution tels que : la CCI France (Chambre de Commerce et d’Industrie), la FCD (Fédération du Commerce et de la Distribution), le SCC (Shopping Center Company), le CNCC (Conseil national des centres commerciaux), FNH (Fédération nationale de l’habillement), CDCF (Conseil du commerce de France). Les objectifs de transition écologique, de cohésion sociale ou d’implantation de services à destination des populations sont donc à comprendre à travers ce prisme là, celui de la nécessité de relancer le commerce dans des zones en perte de vitesse économique.

Armés de ces quelques éléments de compréhension globale, nous pouvons maintenant nous intéresser plus précisément aux offres proposées par le programme « Petites Villes de demain », élaboré, nous le rappelons, dans le but de « constituer un outil de la relance au service des territoires ». Ce sont ainsi plus d’une soixantaine de mesures qui sont mises à la disposition des élus des communes concernées et qui vont leur permettre d’être accompagnés tout au long de la conceptualisation et de la définition d’un projet adapté à leur localité.

Parmi celles-ci, nous pouvons citer, outre le financement de postes de « chef de projet » ou de « manager de centre-ville » destinés à la conduite du projet, la possibilité de bénéficier de divers modules thématiques permettant notamment : d’intégrer le numérique dans le quotidien des artisans, de mobiliser les outils et ressources développés dans le cadre de la démarche EcoQuartier, d’accueillir une association locale promouvant les métiers manuels et du patrimoine et les liens intergénérationnels ou encore, d’obtenir un financement et une expertise pour construire un projet de territoire appuyé sur une démarche paysagère… Est aussi planifiée au niveau national la création de 200 « Fabriques du territoire », structures regroupant des services liés au numérique (télétravail, ateliers partagés…) profitant à l’ensemble du territoire, de 500 « Micro-Folies », dispositif permettant un accès numéri à la culture, et celle de 800 « France Services », relais destinés à permettre à chaque citoyen, quel que soit l’endroit où il vit, d’accéder aux services publics et d’être accueilli dans un lieu unique pour effectuer ses démarches du quotidien.

Ainsi, à travers tout ce bric-à-brac de mesurettes institutionnelles se côtoient pêle mêle toutes les dernières orientations gouvernementales du moment, c’est bien l’approche libérale qui prédomine largement et créé la cohérence de l’ensemble. Le développement du tout-numérique apparaissant en filigrane dans la quasi-totalité du programme est en parfaite adéquation avec la généralisation de la couverture en fibre optique prévue d’ici 2025 sur tout le territoire, le déploiement de la 5G, et les colossaux marchés privés qui y sont liés. La transition écologique vue par le biais de la rénovation énergétique, de la création de labels écocertifiés, ou de la valorisation de savoirs-faire et du patrimoine est l’outil idéal de la relance économique. L’optimisation des lieux de télétravail, l’accès regroupé et numérisé des services aux publics et celui des lieux de culture permettent cyniquement de pallier à moindre frais à l’insuffisance des implantations sociales détruites au fil des réformes des trente dernières années2.

Le travail de privatisation entamé sous l’égide du développement moderne capitaliste s’octroie aujourd’hui encore un peu plus d’espace avec une imbrication de plus en plus prégnante au sein de tous les pans de la vie sociale. Sans trop de surprise, la relance au service des territoires, telle que promue de la sorte, est bien celle des intérêts marchands, et fort est à parier que dans six ans encore, aux mêmes questions seront apportées les même réponses. Nos écoles, bibliothèques, bureaux de poste, associations culturelles et de quartier n’auront qu’à pendant ce temps poursuivre leur dépérissement en silence. Ainsi, loin de satisfaire les exigences légitimes d’un réel changement lié aux enjeux sociaux et environnementaux actuels, gageons que les initiatives locales se construisant en dehors et en opposition aux politiques utilitaristes se consolident et viennent remédier aux maux que nous subissons.

[Grenouille]

1 Concernant les notions de centralité et de politiques d’aménagement du territoire abordées dans ce paragraphe et les suivants, nous nous basons sur l’étude « Petites centralités, Entre desserrement urbain et dynamiques macro-régionales » publiée en mai 2019 par le CGET.
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Épisode cévenol n°17

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